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Boîtes courriel : une pollution pas juste virtuelle

Un petit courriel anodin produit 4 g de CO2. La photo de la nièce en pièce jointe émet 19 g de CO2. Cette même photo, envoyée à toute la famille, rejette 100 g de CO2, soit l’équivalent du poids écologique de dix sacs de plastique. On oublie trop souvent l’impact environnemental de notre fameuse boîte de réception. Voici pourquoi un ménage virtuel s’impose…

Branchés en continu

 Au lieu d’une tonne de papiers, nous croulons maintenant sous une tonne de données. On a beau s’être débarrassé de la paperasse, notre empreinte environnementale ne cesse de croître. Même s’il est presque invisible, chaque courriel génère de la pollution. Il transite par des centres de données très énergivores, situés un peu partout sur la planète, avant d’être reçu par son destinataire.

En 2021, on estime que 319,6 milliards de courriels sont expédiés et reçus CHAQUE JOUR (Statista). Malgré l’apparition d’autres messageries numériques, la boîte de réception demeure la méthode de communication privilégiée. « Ces courriels qu’on envoie, qu’on reçoit et qu’on ne supprime pas sont gardés dans un serveur très longtemps. Il faut compter des coûts énergétiques et de climatisation pour maintenir de gros disques durs fonctionnels », explique Steve Waterhouse, expert en cybersécurité. Les milliards de serveurs, entreposés dans d’énormes centres de données, ne sont pas tous égaux ; le type d’énergie utilisée (hydroélectricité, pétrole, etc.) varie grandement selon les pays.

Les centres de stockage sont devenus des infrastructures indispensables à notre mode de vie hyper connecté. Le dernier recensement de la plateforme Cloudscene répertoriait plus de 8000 centres de données dans le monde. Les prédictions font peur : on pressent que ces installations pourraient consommer le cinquième de toute la production mondiale d’énergie d’ici 2030 !

Il faut savoir que le volume annuel de données numériques a été multiplié par plus de 20 au cours de la dernière décennie (Statista). D’ailleurs, le spécialiste des technologies web chez Greenpeace, Gary Cook, faisait cette comparaison percutante en 2019 : « Si Internet était un pays, il serait classé troisième au monde pour sa consommation électrique, après la Chine et les États-Unis ».

Sobriété numérique

Mais concrètement, à part hyperventiler devant sa boîte de courriels, qu’est-ce qu’on peut faire ? Comment envisager un début de sobriété numérique ? Afin de réduire votre empreinte au quotidien, nous vous proposons quelques stratégies faciles à mettre en place pour alléger votre boîte de courriels.

 Trier et supprimer régulièrement les courriels ;

  • Éviter, autant que possible, les pièces jointes volumineuses ;
  • Se désabonner des infolettres ;
  • Réduire le nombre de destinataires (éviter de « répondre à tous » automatiquement) ;
  • Privilégier l’envoi de photos en basse résolution ;
  • Vider la corbeille et installer un filtre antipourriel ;
  • Avoir une signature électronique écoresponsable (sans image ou animation lourde).

En plus de diminuer votre impact environnemental, gageons que le grand débarras virtuel que vous vous apprêtez à faire aura aussi des répercussions positives sur votre santé mentale. Une boîte de réception vide et bien classée, on en rêve tous.

Bon ménage !

Ressources :

How bad are bananas? The carbon footprint of everything (Mike Berners-Lee, 2010)

Comment réduire l’empreinte carbone de ses mails ? (ARTE, 2018)

Moins de courriels, moins de carbone (La Presse, 2019)

La face cachée du courriel

Pourquoi et comment diminuer sa pollution numérique au bureau

En lire plus : Télétravail, cybersécurité et la COVID-19 : Guide pratique pour maintenir une saine hygiène numérique