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Cybersécurité : un grand manque d’éducation

L’expert en cybersécurité Steve Waterhouse n’y va pas par quatre chemins. « Notre plus grand défi au 21e siècle, en matière de cybersécurité, c’est l’éducation des gens. » Celui qui est sur toutes les tribunes analyse régulièrement l’actualité et décortique les nouvelles sur la sécurité informatique. Lors d’une entrevue avec In-Sec-M, M. Waterhouse en avait long à dire sur l’un des maux de notre époque : la méconnaissance réelle des technologies.

Un manque d’éducation

Cela peut paraître contradictoire, car les technologies sont partout, et nous nous en servons abondamment. Dans notre voiture, au boulot, dans notre réfrigérateur et même dans la chambre à coucher. « Le monde a été séduit par les technologies modernes, avec la promesse d’améliorer notre quotidien. Chaque personne y trouve son compte. Mais on ne nous fournit aucun manuel d’instruction… et plusieurs aspects nous échappent », déplore Steve Waterhouse.

Si on prend par exemple les logiciels de traitement de texte, les employeurs d’aujourd’hui s’attendent à ce que les gens maîtrisent la fameuse Suite Office. Pourtant, peu de personnes suivent une formation approfondie sur Word ou Excel. L’expert en cybersécurité constate que la plupart des travailleurs n’utilisent que 5 à 10 % du logiciel et y vont à tâtons.

Sans guide, sans ligne directrice, sans sensibilisation sur les grands enjeux technologiques, le commun des mortels mise sur l’intuitivité et la facilité. Celui qui fut l’un des premiers à se battre contre les brèches de cybersécurité au pays remarque qu’on sous-estime largement les dangers qui nous guettent.

« On ne peut pas effacer l’information ! »

Si un individu ne sait pas comment fonctionne son appareil intelligent, il ne peut pas prévenir les fuites d’informations personnelles. « Quinze ans plus tard, les gens disent qu’ils ne veulent plus donner leurs infos à Facebook… mais la machine anticipe depuis longtemps leurs actions et connaît leurs préférences », renchérit l’expert en cybersécurité. Il souligne d’ailleurs à quel point on ne mesure pas la portée d’une simple date de naissance : « Une fois qu’elle est donnée, on ne peut pas effacer l’information ! ».

Concrètement, il recommande à chaque citoyen de redoubler de prudence. Les cartes de fidélité, par exemple, comportent des risques. Alors que les consommateurs pensent avoir un petit cadeau, les compagnies cumulent des données et monnaient des informations. La personne ne profite pas réellement des avantages, alors que la compagnie fait un profit. « De mon côté, j’évite ces programmes de fidélisation. J’active les moyens de protection pour ne pas que les commerces sachent qui je suis. Je choisis également un véhicule ne disposant d’aucune possibilité de traçabilité GPS. »

Le droit à un avenir privé

Steve Waterhouse, qui contribue à cette éducation technologique auprès de la population mais également auprès des dirigeants d’entreprise et des gouvernements, évoque la charte des droits et libertés. « Nous avons le droit à une vie privée. Et je veux que mes petits-enfants aient un avenir privé. » Voilà qui fait lourdement réfléchir… et incite non seulement à se renseigner, mais à sécuriser nos appareils et à repenser l’utilisation que nous en faisons dans notre vie quotidienne.

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